top of page

Charte de la souveraineté mémorielle des familles victimes du Samudaripen
(Proposition éthique de l'Association Mémoire des Familles Victimes du Samudaripen (MFVS))
Préambule
Le Samudaripen constitue la mémoire des persécutions et du génocide subis par le peuple rrom (sinti-roma) sous le régime nazi et ses alliés.
Cette mémoire appartient au patrimoine universel de l'humanité.
Elle appartient également, de manière singulière, aux survivants, à leurs descendants et aux familles qui en assurent la transmission depuis plusieurs générations.
Parce que la mémoire est un héritage vivant, la MFVS affirme que les familles des victimes doivent être reconnues comme des acteurs essentiels de toute démarche historique, culturelle, pédagogique ou mémorielle les concernant.
La présente Charte propose les principes d'une souveraineté mémorielle des familles, entendue comme un engagement éthique en faveur d'une mémoire construite avec les descendants et non à leur place.
Article 1 – Le droit à l'autoreprésentation
Les familles rroms (sinti-roma) ont le droit de représenter elles-mêmes leur histoire, leur mémoire et leur patrimoine culturel dans toute démarche publique les concernant.
Aucune représentation durable ne peut prétendre parler au nom des familles sans reconnaître leur participation.
Article 2 – Le respect des descendants
Les descendants des victimes du Samudaripen doivent être considérés comme des partenaires légitimes des chercheurs, des institutions, des collectivités, des musées, des établissements d'enseignement, des associations et des médias.
Leur expérience familiale constitue une source mémorielle à part entière.
Article 3 – Une mémoire construite dans le dialogue
La recherche scientifique et les mémoires familiales poursuivent des objectifs complémentaires.
La coopération entre historiens, archivistes, anthropologues, généalogistes et descendants enrichit la connaissance historique et contribue à une transmission plus fidèle des faits.
Article 4 – Le respect de l'identité historique du peuple rrom
Les différents groupes rroms (sinti-roma) constituent un peuple historique dont les origines, la langue et ses différents dialectes, les cultures et les parcours doivent être respectés.
Les catégories administratives ou sociales ne sauraient effacer la diversité de l’identité unificatrice et citoyenne romani (sinti-roma) ni se substituer à son histoire.
Article 5 – Le respect de la mémoire familiale
Les arbres généalogiques, les photographies, les archives privées et les récits familiaux ne constituent pas uniquement des documents historiques.
Ils participent à la mémoire des familles.
Leur diffusion et leur utilisation doivent s'accompagner d'une réflexion éthique, d'un dialogue avec les descendants lorsqu'ils sont identifiés et d'un profond respect de leur histoire.
Article 6 – La distinction des mémoires
La mémoire des internements en France concerne plusieurs populations.
Cette histoire commune mérite d'être transmise dans toute sa richesse.
Toutefois, la mémoire du Samudaripen, en tant qu'histoire des persécutions et du génocide du peuple rrom (sinti-roma), doit conserver sa spécificité historique.
Une mémoire commune ne signifie jamais l'effacement des positionnements individuels.
Article 7 – La transmission
Les familles sont les premières gardiennes de la mémoire transmise entre les générations.
Cette transmission orale, culturelle et familiale constitue un patrimoine immatériel dont la valeur complète les archives publiques et les travaux scientifiques.
Article 8 – Une éthique de la coopération
La MFVS encourage une coopération fondée sur la confiance, l'écoute mutuelle, le respect des compétences de chacun et la reconnaissance de la place des descendants.
L'objectif n'est pas de limiter la recherche mais d'en renforcer la qualité humaine et historique.
Conclusion
La souveraineté mémorielle ne constitue ni un privilège, ni un monopole de l'histoire.
Elle exprime le droit des familles à demeurer les premières dépositaires de leur mémoire et à participer pleinement à sa transmission.
Parce qu'une mémoire juste ne peut être construite sans celles et ceux qui l'ont héritée, la MFVS appelle les institutions, les chercheurs, les associations, les généalogistes et les pouvoirs publics à reconnaître ce principe comme une exigence éthique fondamentale.
« Ce qui est fait au nom des Rroms sans les Rroms est fait contre les Rroms. »
« Rien sur nous sans nous ! » (Latin : Nihil de nobis, sine nobis)
Association Mémoire des Familles Victimes du Samudaripen (MFVS)
----------------------------
Approbation de la CHARTE–PROPOSITION ÉTHIQUE de la MFVS le 01 juillet 2026 par les membres du Bureau
Préambule
Le Samudaripen constitue la mémoire des persécutions et du génocide subis par le peuple rrom (sinti-roma) sous le régime nazi et ses alliés.
Cette mémoire appartient au patrimoine universel de l'humanité.
Elle appartient également, de manière singulière, aux survivants, à leurs descendants et aux familles qui en assurent la transmission depuis plusieurs générations.
Parce que la mémoire est un héritage vivant, la MFVS affirme que les familles des victimes doivent être reconnues comme des acteurs essentiels de toute démarche historique, culturelle, pédagogique ou mémorielle les concernant.
La présente Charte propose les principes d'une souveraineté mémorielle des familles, entendue comme un engagement éthique en faveur d'une mémoire construite avec les descendants et non à leur place.
Article 1 – Le droit à l'autoreprésentation
Les familles rroms (sinti-roma) ont le droit de représenter elles-mêmes leur histoire, leur mémoire et leur patrimoine culturel dans toute démarche publique les concernant.
Aucune représentation durable ne peut prétendre parler au nom des familles sans reconnaître leur participation.
Article 2 – Le respect des descendants
Les descendants des victimes du Samudaripen doivent être considérés comme des partenaires légitimes des chercheurs, des institutions, des collectivités, des musées, des établissements d'enseignement, des associations et des médias.
Leur expérience familiale constitue une source mémorielle à part entière.
Article 3 – Une mémoire construite dans le dialogue
La recherche scientifique et les mémoires familiales poursuivent des objectifs complémentaires.
La coopération entre historiens, archivistes, anthropologues, généalogistes et descendants enrichit la connaissance historique et contribue à une transmission plus fidèle des faits.
Article 4 – Le respect de l'identité historique du peuple rrom
Les différents groupes rroms (sinti-roma) constituent un peuple historique dont les origines, la langue et ses différents dialectes, les cultures et les parcours doivent être respectés.
Les catégories administratives ou sociales ne sauraient effacer la diversité de l’identité unificatrice et citoyenne romani (sinti-roma) ni se substituer à son histoire.
Article 5 – Le respect de la mémoire familiale
Les arbres généalogiques, les photographies, les archives privées et les récits familiaux ne constituent pas uniquement des documents historiques.
Ils participent à la mémoire des familles.
Leur diffusion et leur utilisation doivent s'accompagner d'une réflexion éthique, d'un dialogue avec les descendants lorsqu'ils sont identifiés et d'un profond respect de leur histoire.
Article 6 – La distinction des mémoires
La mémoire des internements en France concerne plusieurs populations.
Cette histoire commune mérite d'être transmise dans toute sa richesse.
Toutefois, la mémoire du Samudaripen, en tant qu'histoire des persécutions et du génocide du peuple rrom (sinti-roma), doit conserver sa spécificité historique.
Une mémoire commune ne signifie jamais l'effacement des positionnements individuels.
Article 7 – La transmission
Les familles sont les premières gardiennes de la mémoire transmise entre les générations.
Cette transmission orale, culturelle et familiale constitue un patrimoine immatériel dont la valeur complète les archives publiques et les travaux scientifiques.
Article 8 – Une éthique de la coopération
La MFVS encourage une coopération fondée sur la confiance, l'écoute mutuelle, le respect des compétences de chacun et la reconnaissance de la place des descendants.
L'objectif n'est pas de limiter la recherche mais d'en renforcer la qualité humaine et historique.
Conclusion
La souveraineté mémorielle ne constitue ni un privilège, ni un monopole de l'histoire.
Elle exprime le droit des familles à demeurer les premières dépositaires de leur mémoire et à participer pleinement à sa transmission.
Parce qu'une mémoire juste ne peut être construite sans celles et ceux qui l'ont héritée, la MFVS appelle les institutions, les chercheurs, les associations, les généalogistes et les pouvoirs publics à reconnaître ce principe comme une exigence éthique fondamentale.
« Ce qui est fait au nom des Rroms sans les Rroms est fait contre les Rroms. »
« Rien sur nous sans nous ! » (Latin : Nihil de nobis, sine nobis)
Association Mémoire des Familles Victimes du Samudaripen (MFVS)
----------------------------
Approbation de la CHARTE–PROPOSITION ÉTHIQUE de la MFVS le 01 juillet 2026 par les membres du Bureau
bottom of page